Transférés de Kate Blair chez Michel Lafon

by on 9 juillet 2017

 

Présentation de l’éditeur

Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner facilement les malades : transférer les maladies aux criminels, qui sont parqués dans des ghettos à l’écart de la société.
C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À seize ans, elle est la fille du peut-être futur Premier ministre d’Angleterre. Alors qu’elle est atteinte d’un rhume pour le plus grand dégoût de son entourage, elle va subir son premier Transfert. Mais rien ne va se passer comme prévu et Talia va sauver une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vient des ghettos et qui va pousser Talia à découvrir l’envers du décor et l’horreur d’un système déshumanisé.
Talia va désormais tout faire pour empêcher son père d’aggraver la situation des bidonvilles, pour sauver ses nouveaux amis qui y habitent et rectifier une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais. Elle devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et être prête à combattre tout ce en quoi elle a cru.

Auteur: Kate Blair

Editeur: Michel Lafon

Parution: 13 avril 2017

 

Cela faisait quelque temps que je recherchais de nouvelles dystopies qui me touche au point de « Divergente ». En 1 mois de temps, j’en ai lu 2 juste excellentes ! Voici la chronique de la première, celle de la seconde suivra.

J’avais envie de roman YA qui fasse réfléchir, qui rentre dans l’actualité et ce que le futur pourrait nous réserver. J’avais envie de me projeter.

Bref « Transférés » a répondu à mes attentes et pas qu’un peu ! Aller, je vous en dis plus !

 

Talia est une adolescente très intéressée par la politique et elle a même un avis très tranché sur cette dernière. La jeune fille est d’ailleurs le plus grand soutien de son père ; ce dernier se présente aux élections pour devenir Premier Ministre de la Grande Bretagne. Son programme est dans la continuité de celui qui est actuellement en place. L’Angleterre a décidé depuis de nombreuses années de punir les criminels en leur transférant une maladie. Plus le délit ou crime est important et plus la maladie est grave. Ainsi pour un meurtre, le meurtrier se voit infliger une maladie qui à terme le fera mourir. Une exécution tout en « douceur ». Talia trouve cela normal, surtout depuis la mort de sa mère, assassinée. Mais un jour, sa vie bascule, elle a fait une « erreur ».

 

Ce roman est une dystopie très intelligente et pertinente. Il prend aux tripes dès les premiers chapitres. Vous vous questionnez rapidement sur le décor politique et ses déviances. Ce « futur » est-il aussi improbable que cela ? Si dans un premier temps on peut « comprendre » l’idéologie, on commence à remettre tout en doute petit à petit au même rythme que Talia. Et c’est là, l’intelligence de l’auteur ! Il nous mène là où il le souhaite et nous questionne au moment les plus pertinents. La plume est précise, incisive. C’est du pur bonheur. J’ai été totalement bluffée par ce roman YA tellement intelligent et accessible.

La politique est construite d’A à Z et cohérente. Etant une grande fan de réflexion politique et de constitution politique, ce livre me ravie.

 

L’intrigue principale est vraiment très bien ficelée et permet un mélange subtil entre la politique et la vie de Talia. J’ai adoré plonger de plus en plus dans la ville aux côtés de Talia, découvrir son monde à travers ses yeux mais aussi ceux des personnages qu’elle rencontre. Kate Blair commence fort le roman et à aucun moment ne lâche le morceau. Le lecteur est dans le livre, prit au piège dès qu’il lit la première ligne. L’intrigue monte en intensité et les quelques moments d’accalmie sont des moments précieux pour le lecteur, car ils ne sont des bulles d’air pour respirer avant de retomber au cœur du tsunami.

 

Talia est une jeune fille sensible et loyale. On comprend parfaitement ses points de vue aux vues de son passé et de ce qu’elle voit. Elle ne va pas accepter facilement d’ouvrir les yeux, pourtant elle n’est pas butée et va faire l’effort de regarder le monde avec des yeux neufs. J’ai vraiment aimé ce personnage car elle est mûre et accepte de se remettre en question. Même si cela est compliqué. Talia est courageuse et bienveillante. Elle est intelligente sous bien des angles. On n’est pas ici dans une héroïne ou une anti-héroïne. On est juste face à une personne sans prétention qui à travers son humanité va faire bouger les choses.

 

 

C’est ce type de roman qui me fait me dire que la dystopie est un genre utile. Il force le lecteur à se projeter, à réfléchir, à voir plus loin et différemment. Kate Blair a réussi à porter un texte intelligent avec une plume accessible. J’en veux encore, je veux en savoir plus, connaitre la suite. « Transférés » a pour moi un goût d’y reviens y. Et je pense que cela sera aussi le cas pour vous 😉.

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