Pardonne moi Léonard Peacock

13 avril 2015

download (3)

 

 

Présentation de l’auteur:

Aujourd’hui, Leonard Peacock a dix-huit ans. C’est le jour qu’il a choisi pour tuer son ancien meilleur ami. Ensuite, il se suicidera. Plus tard, peut-être, il se dira que c’est OK, voire important, d’être différent. Mais pas aujourd’hui.

Auteur: Matthew Quick

Editeur: Collection R

Parution: 09 avril 2015

 

 

 

CHRONIQUE EVEY

 

Quand on est blogueur, il arrive de temps en temps de tomber sur un roman, qui vous le savez en tournant la dernière page, va être une horreur à chroniquer. « Pardonne moi, Léonard Peacock » fait parti de ces quelques livres. Je ne sais pas du tout la tournure que va prendre ma chronique. J’espère juste qu’elle sera à la hauteur de ce roman coup de cœur, coups de poing.

 

Léonard a 18 ans aujourd’hui et il compte faire de cette journée, une journée à tout jamais gravée dans le marbre. Au programme, offrir des cadeaux aux gens qu’il aime, tuer son ex meilleur ami et enfin se suicider. Bon en soit ce n’est pas un programme très réjouissant… Et dans un premier temps on ne comprend pas vraiment les motivations de notre jeune héros.Mais rapidement des petits indices vont venir nous éclairer. Et plus la lumière est faite sur la vie de Léonard et plus on « comprend » son envie d’en finir.

Léonard n’a jamais été le garçon que tout le monde regarde et idolâtre. Il est de nature discrète et au final à fleur de peau. J’ai adoré comment l’auteur nous fait avancer dans le récit de Léonard. Au début, on est dans un brouillard assez épais et ces états d’âmes d’ado sont compréhensibles. Toutefois ils ne sont pas spécialement suffisants aux yeux du lecteur pour exécuter un programme aussi sanglant et surtout se tuer. Oui, être ado, surtout quand on est plus ou moins exclu et moqué, ce n’est pas facile, mais Léonard semble pourtant assez fort pour tenir le coup. Alors on commence à creuser et l’auteur nous laisse faire en dévoilant des événements marquants, qui une fois tous mis en lumière nous font aussi souffrir que Léonard. Matthew Quick joue parfaitement avec les révélations et les rebondissements. Il nous laisse entrevoir des choses… On doute… Pourquoi pas… Non ce n’est pas possible… Et au final… Non… La tension monte au fil des pages. Si dans un premier temps on prend presque comme une lubie d’adolescent le programme de Léonard pour ses 18 ans, petit à petit on se fond en lui, on souffre, sourit, respire de façon saccadée. L’évidence devient inévitable. Et d’une certaine façon on comprend Léonard, même si on n’est pas vraiment réceptif au suicide, même si on pense qu’il y a toujours une autre solution.

Ce roman est profond et parle avec justesse du suicide, de quelques unes de ses causes, de la descente en enfer que l’on vit avant de passer à l’acte. Il parle aussi de tout ces moments de doute qui font qu’on se dit que dans deux minutes on pourrait regretter notre geste. Matthew Quick est lucide et clair, et ça touche le lecteur au plus profond de lui-même. Ne me dites pas que vous n’avez jamais été confronté au suicide, que la question ne vous est jamais venue à l’esprit, que la vie n’a jamais semée sur votre passage quelque chose en rapport. Ce roman touche là où ça fait mal.

Moi qui est connu de près le suicide, entre autre par celui de l’un des mes meilleurs amis que je considérais comme mon frère chez moi. J’ai fini ce roman sur les rotules, la gorge serrée et avec une envie de pleurer indescriptible (d’ailleurs je pleure en relisant cette chronique). Et même si parfois l’auteur va dans la facilité et les clichés : mère absente, relation avec les filles plutôt difficiles, perdu dans un monde que l’on ne comprend pas, … Les mots choisis sont justes et font mouche. On passe au dessus de ces « clichés » pour aller voir ce qu’il y a en profondeur.

Les personnages secondaires sont assez développés pour prendre une réelle place dans l’histoire de Léonard. J’ai adoré principalement le professeur de notre héros. Il met en lumière quelque chose dont je suis persuadée depuis longtemps : « Un professeur peut nous marquer à vie en bien ou en mal, mais en tout cas nous marquera au fer rouge » .

 

Matthew Quick nous livre un roman vrai, lucide et juste sur un sujet toujours tabou : le suicide. Il nous parle aussi de la vie, des rencontres que l’on fait, qui nous définissent. Comment la vie joue parfois avec nous, nos certitudes et nos doutes. « Pardonne moi Léonard Peacock » m’a laissé lessivée psychologiquement et physiquement. Avec pourtant malgré tout un sourire tendre sur les lèvres, celui de l’apaisement d’avoir lu tellement de choses justes sur un sujet qui me tient à cœur. Merci Matthew Quick pour ce roman. Merci.

Please follow and like us:

4 commentaires

  • Jennifer.M 14 avril 2015 à4:09

    Ajouté à ma liste de livres à acheter après avoir lu ton avis =)

    • Evey 14 avril 2015 à4:13

      merci, j’espère qu’il te fera autant d’effet à moi.

  • CLLA 15 avril 2015 à8:26

    Livre que j’avais repéré, et la chronique me confirme mon envie. Ajouté à ma Wish List aussi. Elle commence à devenir conséquente.

    • Evey 15 avril 2015 à10:04

      Oh si tu voyais ma WishList…. ne t’imquiètes pas on est toutes dans le même cas :).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.