Nos vies en l’air de Manon Fargetton chez Rageot

5 mars 2019

Mina et Océan.
Ces deux-là se retrouvent par hasard sur le toit d’un immeuble parisien.
Ils ont choisi le même spot, ce soir, pour en finir. mais leur rencontre bouleverse ce projet : ils décident de s’accorder la nuit dans la ville, ensemble.

Une nuit comme un sursis.
Une nuit où tout peut arriver.
Une nuit rythmée par les défis, les échos du passé et la liberté vibrante de l’inconnu.

Jusqu’à l’aube, qui sera l’heure de la décision…

Auteur: Manon Fargetton

Editeur: Rageot

Parution: 9 janvier 2019

 

Lorsqu’un auteur aborde le thème du suicide je suis assez exigeante. J’attends de ce dernier de la finesse et de l’humanité. J’attends une absence de jugement. Manon Fargetton devait donc avec ce roman relever un gros défi pour conquérir mon cœur de lectrice.

Mina et Océan sont deux ados que tout oppose, même leurs motivations suicidaires. Pourtant ils décident de passer à l’acte sur le même toit de Paris. De cette rencontre improbable va déboucher une nuit différente, une dernière nuit de réflexion et de vie.

On peut en faire des choses en une nuit (surtout à Paris car une nuit à Reims je ne suis pas sûre que ce soit palpitant de a à z) … Une nuit peut changer notre façon de voir le monde, notre vie. Mais est-ce vraiment suffisant une nuit ? Au fil des heures Mina et Océan vont nous faire découvrir la Capitale à travers leurs yeux. Nous faire voir les choses auxquelles on ne fait pas obligatoirement attention. Et en même temps pourquoi y faire attention. Ils vont aussi nous raconter un peu leurs vies. Un peu car finalement l’auteur ne dévoile que ce qui est suffisant pour comprendre ce roman. Il n’y a pas de mots inutiles.

J’ai trouvé très habile que Manon Fargetton propose aux lecteurs deux protagonistes aux antipodes. Au fil des pages on comprend qu’une chose malgré tout les rapproche. L’invisibilité. C’est douloureux à lire car cette situation ne peut que faire écho en chacun de nous. Qu’on est été l’invisible ou l’excluant. C’est ça la force de ce roman. Il est universel.

L’auteur livre un roman sans faux pas sur le thème du suicide. Elle en parle avec justesse et précautions. Car au final, dans ce roman il n’est que prétexte à plus. Il est le tapis qui cache la souffrance dont le monde à honte.

Le twist final est un coup de massue qui termine le roman avec fracas. On se dit… et si j’avais su… qu’aurais je penser de cette nuit ?

Manon Fargetton nous livre un roman doux/amer, sincère et vrai, humain et intelligent. Merci Madame Fargetton. Merci beaucoup.

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