Love Simon de Becky Albertalli chez Hachette

1 juillet 2018

Présentation de l’éditeur

« Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens »

« Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement : 1/ Ils fréquentent le même lycée. 2/ Blue est irrésistible. 3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.) Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Martin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr… « .

Auteur: Becky Albertalli

Editeur: Hachette

Parution: 2015. Nouvelle édition Juillet 2018

La sortie du film adaptée de ce roman était imminente. Je me suis donc dit qu’il était temps de me pencher sur le cas de Simon. Cerise sur le gâteau Hachette sort le roman avec une couverture tirée du film ainsi que le second livre de l’auteur spin-off de « Love Simon ».

Jusque-là, j’avais retardé la lecture du roman car j’avais peur d’être déçue. Les chroniques et divers avis que j’avais pu voir étaient tellement élogieux. Quand c’est le cas, on attend toujours beaucoup d’une livre, et la déception pointe plus facilement le bout de son nez. Il m’a donc fallu un long moment avant que je me décide…

 

 

Simon Spier est un garçon tout à fait banal. Il vit dans une famille de 3 enfants (il a 2 sœurs une petite et une grande), a une mère psy et un père à l’humour plus ou moins douteux. Il passe son temps avec 2 amis de longue date, Leah et Nick, et Abby la petite nouvelle du lycée. Tout ce passe parfaitement bien, il rit, fait du théâtre, aimerait tomber amoureux, … Une seule chose assombrie le tableau… Simon est gay et pour le moment personne ne le sait. Il ne sait pas comment l’annoncer au monde entier et la vie comme un défaut.

Tout bascule le jour où Blue commence à correspondre par mail avec lui. Blue est dans le même lycée que Simon, est gay et comprend parfaitement le jeune homme. Tout comme notre jeune héros, Blue n’a pas encore fait son coming-out mais aimerait pouvoir sortir dans la rue et au lycée en tenant la main de son petit ami. Mais qui est Blue ? Simon va-t-il craquer pour ce mystérieux garçon ?

L’intrigue de « Love Simon » serait « trop simple » si il n’était que question de faire son coming-out. C’est pourquoi la tempête se déchaine le jour où un autre lycéen ayant découvert le secret de Simon le révèle à tout le lycée.

 

Dès les premiers chapitres j’ai découvert un jeune homme très attachant. Je suis tombée sous le charme. Puis petit à petit, l’histoire perd de son intérêt. Le rythme est plutôt lent. Malgré tout, on a envie de connaitre la suite. Et ce défaut devient mineur. Le coming-out forcé arrive vers la moitié du roman et malgré sa soudaineté, les répercussions sont minimes. Alors oui, c’est difficile pour Simon et quelques passages montrent du harcèlement scolaire agressif. Mais tout cela reste encore très light. J’aurais aimé que Becky Albertalli bouscule plus Simon. La famille de ce dernier est très ouverte et le coming-out passe plus ou moins inaperçu. Il en est, plus ou moins, de même pour Blue a priori. Au lycée en dehors de « quelques » chahutages homophobes, Simon ne voit pas sa vie bouleversée. Je m’attendais à quelque chose de plus sombre, plus proche des jeunes homosexuels que j’ai pu rencontré quand j’étais prof ou aujourd’hui en tant qu’assistante sociale. Soit cela ne se passe pas mal pour tous, mais j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur n’allait pas au bout des choses dans sa dénonciation.

 

Pour ce qui est de l’identité de Blue, là encore je dois dire que j’aurai aimé avoir plus de mal à la trouver 😊 . Dès le premier quart du livre, j’avais mon avis sur la question et j’avais raison. (Sur ce point particulier les changements qui ont été apporté dans le film sont d’ailleurs intéressants car l’identité de Blue est moins facile à trouver.)

 

La plume de Becky Albertalli est légère et agréable. Le roman se lit vite et est feelgood. On se projette facilement au cœur de la bande d’amis. On rit avec eux, souri de leurs aventures, de leurs premiers émois.

 

Simon est un garçon ordinaire et c’est ça la vraie puissance du roman. Car Simon, c’est vous, c’est moi, c’est tout le monde. On comprend, même lorsque l’on est hétéro, par quoi le jeune homme passe car ce sont des sentiments que tout à chacun peut vivre. L’auteur a su trouver les mots justes.

Simon n’est pas prétentieux, désagréable, fourbe, manipulateur, …, il est juste un garçon qui a envie de pouvoir aimer au grand jour.

Je n’avais qu’une envie, le prendre dans mes bras et lui dire qu’il est « normal », juste « normal ».

 

Les personnages secondaires, dont Blue, sont assez mis en avant pour être pertinents dans leurs interventions. Toutefois, j’ai parfois regretté de ne pas en savoir plus sur eux une fois la dernière ligne lue.

 

 

Pour conclure je dirais que « Love Simon » est un très joli roman sur l’homosexualité à l’adolescence. Malgré son manque de noirceur (qui malheureusement accompagne souvent la vie des LGBT), le livre dévoile avec pudeur les sentiments et sensations que peut vivre un ado dont la sexualité n’est pas pensée comme « normale » par ses pairs. Je recommande à tous ce livre car il réussit à faire passer un message humanisant les homosexuels. Oui, ils ne sont pas des bêtes curieuses… Ce sont des gens comme vous et moi et il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour l’apprendre.

 

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