Les papillons rêvent-ils d’éternité?

25 juin 2014

 

Présentation de l’éditeur

« Cette journée du 1er janvier, la première de la dernière année du monde, il s’est passé quelque chose de spécial entre nous, les élus. C’était comme au printemps, quand on devient joyeux sans comprendre pourquoi. C’est la dernière année de souffrance, a dit papa. Bientôt on sera libérés. » Les quatre saisons d’une année, censée être la dernière de l’humanité, défilent à travers le regard d’une fille de 13 ans. Malgré une vie quotidienne régentée par la Bible (entre études de textes, séances de recueillement au temple et prêches dans les rues), l’adolescente, sujette aux railleries du « monde extérieur » autant qu’aux affres de la puberté, va peu à peu se questionner sur sa condition, grâce à l’entrée dans son foyer d’un dictionnaire auquel elle ne cessera plus de se référer secrètement. Le roman ausculte les joies étranges de ceux qui s’estiment élus de Dieu contre le monde entier, à la frontière très fragile où la croyance jouxte la folie. Au fil de cette apocalypse manquée, le roman contemple, avec la justesse et la simplicité de la voix d’une adolescente, la condition humaine dans ses craintes et ses obsessions mais aussi dans son incroyable capacité d’imagination pour survivre à une vie sans espérance.

Auteur: Sandra Labastie

Editeur: Michel Lafon

Parution: 17 avril 2014

 

CHRONIQUE EVEY

Je ne sais pas comment je vais parler de ce livre. Je ne sais pas du tout quel chemin va prendre ma chronique. Je suis totalement perplexe. D’ailleurs je ne sais pas quelle note mettre à ce roman sur mon compte Goodreads, j’hésite entre 2/5 et 5/5. Oui je sais ce sont deux notes diamétralement opposées. Mais ce livre n’est pas comme les autres.

 

L’histoire est toute simple, c’est celle d’une jeune fille de 13 ans vivant dans une congrégation. Dans cette dernière on croit dur comme fer que la fin du Monde approche et que Dieu sauvera les élus (ceux vivants dans la foie). Nous allons donc suivre cette petite narratrice anonyme, ses doutes, ses espoirs, ses bons moments comme les mauvais, sa réflexion,… tout sonne juste, et c’est encore plus effrayant.

Généralement j’apprécie la lecture de textes en rapport plus ou moins lointain avec la religion. Mais là, je peux vous dire que ce roman vous met assez mal à l’aise. Ici on y impose la foi au lecteur. On ne peut y échapper. Elle dégouline sur nous et nous prend au piège tel une mouette dans du mazout. Là où le livre est bluffant, c’est qu’en le lisant on se sent aussi prisonnier de la congrégation. La narration fait que l’on ne peut que s’investir dans ce roman.

 » Les papillons rêvent-ils d’éternité? » c’est aussi l’histoire de chacun d’entre nous. Tout comme la narratrice, on grandit, on prend en maturité. On se confronte à notre héritage spirituel et social. Je me suis bien retrouvée dans la narratrice, sauf sur les points extrêmes de son histoire. Je viens d’une famille catholique, mes grands-parents étaient très croyants, alors le jour où je me suis affranchie de tout cela, je peux vous dire que ça a amené des discussions difficiles. Mais il est normal de douter. Surtout à notre époque. Il est normal de remettre en question sa foi ou sa culture.

Un autre point tout particulièrement touchant est la mise a l’écart de la narratrice par ses camarades de classe, puis par ses congénères. Se retrouver exclue à 13 ans c’est dur à vivre et pourtant notre narratrice y parvient. Elle est forte et intelligente d’une certaine façon. Si dans un premier temps on n’a qu’une envie refermer le livre pour ne plus l’entendre, rapidement on s’accroche à elle. Elle devient une victime que l’on a envie d’aider. Dès qu’elle commence à remettre en questions ce que l’on lui a appris, on n’a qu’un souhait! La sortir de là.

 » Les papillons rêvent-ils d’éternité? » est un texte tout particulièrement engagé et fort. Si dans un premier temps on s’y retrouve perdu, petit à petit les nuages se dissipent. On comprend ce que l’auteur veut nous transmettre. Et ce n’est que vers la fin que l’on prend pleinement conscience de son appel.

 

Vous l’aurez surement compris, ce roman ne m’a pas laissé indifférente, j’avoue qu’encore maintenant j’ai beaucoup de mal à me le sortir de la tête. Pourtant même après avoir écrit ma chronique je ne saurais vous dire si mon ressenti est bon ou non. Il y a des livres comme ça parfois…. Qui vous laisse un vide dans le ventre et dans la tête, qui vous retourne, qui vous emprisonnent.

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