L’enfant de Schindler

28 avril 2014

 

Présentation de l’éditeur

Léon Leyson vit une enfance heureuse au sein d’une famille modeste à Cracovie, jusqu’au début des persécutions envers les Juifs. Lorsque des soldats nazis frappent son père sous ses yeux, il comprend que plus rien ne sera comme avant. Alors que la famille s’installe dans le ghetto juif de la ville, Oskar Schindler, patron allemand d’une usine de céramique, décide d’engager des hommes juifs, parmi lesquels le père de Léon et son frère. À l’âge de treize ans, le petit garçon parvient à convaincre un officier allemand de le laisser les rejoindre, bien qu’il doive monter sur une caisse en bois pour pouvoir atteindre les machines. Schindler, qui le surnomme « le petit Leyson », s’attache à lui et lui octroie des rations de nourriture supplémentaires, avant de le sauver d’Auschwitz avec toute sa famille. En 1949, Leon Leyson part pour les Etats-Unis, déterminé à débuter une nouvelle vie. Il meurt en janvier 2013, à 83 ans, juste après avoir remis son manuscrit à son éditeur.

Auteur: Leon Leyson

Editeur: Pocket Jeunesse

Parution: 7 mai 2014

 

 

CHRONIQUE EVEY

Il y a des époques qui ont à jamais marquée le Monde. Pourtant le temps passe, les générations se suivent et ne se ressemblent pas et l’Histoire s’efface un peu. La Seconde Guerre mondiale n’est pourtant pas si loin de nous… La montée du racisme en France et les réflexions limites se font de plus en plus légions. C’est dans ce genre d’atmosphère que l’on aimerait trouver un roman qui rafraîchisse les mémoires et éduque. Le roman de Leon Leyson est-il un  bon récupérateur de mémoire. Vous le saurez dans quelques lignes.

 

« L’enfant de Schindler » est le témoignage du plus jeune garçon sauvé par Oskar Schindler (allemand) durant la seconde guerre mondiale. Leon Leyson nous parle de sa vie, de son enfance jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Un épilogue et deux lettres de ses enfants complètent le tableau. C’est toute une vie qui est retranscrite dans 220 pages et quelle vie!

Témoigner pour un jeune public est compliqué. Il ne faut pas tomber dans des descriptions trop profondes et savoir choisir ses mots. Leon Leyson nous raconte son histoire avec pudeur, on ne tombe jamais dans le voyeurisme ou dans le sordide. Les moments les plus durs sont narrés avec justesse. A aucun moment on n’a envie de détourner les yeux du livre. Soit on a mal car on ne peut ignorer la violence physique et psychologique de certains passages. Les mots nous touchent tels des balles.

L’écriture de Leon Leyson est simple et prenante. L’auteur nous montre que même les petites choses de la vie peuvent avoir une grande importance. On relativise notre vie. L’auteur est humble et n’est pas dans la moralisation. On est juste dans le récit simple d’une vie. Et cela rend les actes et les situations que plus horribles.

Leon Leyson se présente comme un petit garçon curieux et malin. Et ses actes ne font que conforter cette image. J’ai adoré suivre son évolution. Bien évidement il a grandi bien trop vite, pourtant on sent tout au long du récit qu’il ne perd pas totalement son âme d’enfant.

Schindler est dépeint comme un nazi loin des stéréotypes. Non violent et humain, cet homme a, à lui tout seul, sauvé plus de 1000 juifs. Cela peut sembler peu aux vues du nombre de morts qu’à fait la Shoa, mais il faut bien se remettre dans le contexte. Sauver ne serait ce qu’une personne était déjà un combat de David contre Goliath. Bon et généreux dans la limite du possible, Schindler a su ruser et combattre avec intelligence une politique destructrice.

 

Vous l’aurez compris ce livre ne m’a pas laissé indifférente. J’ai déjà lu un certain nombre de livre sur la Shoa et ses horreurs, des livres pour adultes, de livres qui soulèvent le cœur. Mais c’est la première fois que j’en lis un pour ado. Moi qui avait peur que ce soit, soit trop édulcoré soit trop dur, je ne suis pas déçue. Leon Leyson a réussi à trouver le juste milieu. Le ministère de l’éducation nationale et les bibliothèques devraient mettre en avant ce type de roman pour que jamais on ne perde la mémoire.

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