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Le Monde Magique POTTERMORE – Chapitre 02

HP chap 02

Depuis le XVIIe siècle

By J.K. Rowling

Alors que les Européens non-maj’ commençaient à émigrer vers le Nouveau Monde, de plus en plus de sorcières et de sorciers d’origine européenne s’installèrent également en Amérique. Ils avaient, tout comme les Non-Maj’, de nombreuses raisons de quitter leur pays d’origine. Certains répondaient à l’appel de l’aventure, mais la plupart fuyaient parce qu’ils étaient persécutés par les Non-Maj’, par un membre de la communauté magique, ou par les autorités magiques. Ces sorcières et sorciers qui émigraient cherchaient à se fondre dans la masse de plus en plus grande de Non-Maj’ ou à se cacher au sein de la population des sorciers amérindiens qui accueillaient généralement avec plaisir leurs frères européens et cherchaient à les protéger.

Cependant, il s’est tout de suite avéré que le Nouveau Monde allait être un endroit encore plus dur que le Vieux Monde pour les sorcières et les sorciers, et ceci pour trois raisons principales.

Premièrement, tout comme leurs homologues non-maj’, les sorciers arrivaient dans un pays qui offrait peu de commodités, et ils devaient se débrouiller seuls. Dans leur pays d’origine, les sorcières et les sorciers n’avaient qu’à se rendre chez l’apothicaire près de chez eux pour trouver les ingrédients nécessaires à la fabrication de potions alors qu’ici, ils devaient se familiariser avec de nouvelles plantes magiques. Il n’existait aucun fabricant de baguettes magiques reconnu, et l’école de sorcellerie d’Ilvermorny — qui devait un jour devenir l’un des plus grands établissements d’enseignement magique au monde — n’était à cette époque qu’une petite cabane rudimentaire abritant deux professeurs et deux frères orphelins.

Deuxièmement, les actions de leurs compagnons non-maj’ faisaient paraître sympathique la population non magique de la plupart des pays d’origine des sorciers. Les immigrants avaient non seulement commencé à mener une guerre contre les Indiens d’Amérique, ce qui avait affaibli la cohésion de la communauté magique, mais leurs convictions religieuses les rendaient également intolérants à toute forme de magie. Les puritains aimaient s’accuser entre eux d’activités occultes à la moindre trace de preuve, et les sorcières et sorciers du Nouveau Monde avaient toutes les raisons du monde d’être extrêmement méfiants envers eux.

Et enfin, le problème certainement le plus inquiétant rencontré par les sorciers tout juste arrivés en Amérique du Nord était les Ratisseurs. La communauté magique en Amérique du Nord étant petite, dispersée et discrète, celle-ci n’avait pas encore de lois spécifiques en vigueur. Ceci laissa un vide juridique dans lequel s’engouffrèrent des groupes de sorciers mercenaires peu scrupuleux et de nationalités diverses. Ils formèrent un groupe particulièrement redouté qui s’était engagé à pourchasser non seulement les criminels notoires, mais également toute personne qui pouvait leur rapporter de l’or. Les Ratisseurs devinrent de plus en plus corrompus avec le temps. Loin de la juridiction du gouvernement magique de leur pays d’origine, beaucoup se complaisaient à faire preuve d’une autorité et d’une violence que leur mission ne justifiait pas. Ces Ratisseurs aimaient les bains de sang et la torture et allèrent même jusqu’à pratiquer la traite de leurs compagnons sorciers. Le nombre de Ratisseurs se multiplia à travers l’Amérique à la fin du XVIIe siècle et preuve fut faite qu’ils n’hésitaient pas à faire passer d’innocents Non-Maj’ pour des sorciers afin de recevoir des récompenses de la part de membres crédules de la communauté non magique.

Les fameux procès des sorcières de Salem intentés de 1692 à 1693 furent tragiques pour la communauté magique. Les historiens de la magie s’accordent à dire que parmi les soi-disant juges puritains se cachaient au moins deux Ratisseurs connus qui se vengeaient de querelles initiées en Amérique. Parmi les morts figuraient effectivement des sorcières, mais celles-ci étaient innocentes des crimes pour lesquels elles avaient été arrêtées. Les autres victimes étaient principalement des Non-Maj’ qui avaient eu la malchance de se faire attraper dans l’hystérie et la soif de sang collectives.

L’histoire de Salem était importante pour la communauté magique pour des raisons qui dépassaient la perte tragique de vies humaines. Dans un premier temps, de nombreuses sorcières et de nombreux sorciers fuirent l’Amérique, et bien plus encore décidèrent de ne pas venir s’y installer. Ceci entraîna des modifications intéressantes de la population magique d’Amérique du Nord comparée aux populations d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Jusqu’au début du XXe siècle, la population américaine comptait moins de membres de la communauté magique que les quatre autres continents réunis. Les familles de sang pur qui étaient bien informées des activités des puritains et des Ratisseurs grâce aux journaux pour sorciers n’allaient généralement pas en Amérique. Cela signifie que le Nouveau Monde comptait un pourcentage bien plus élevé de sorciers nés-Non-Maj’ que le reste du monde. Même si ces sorcières et ces sorciers se mariaient et fondaient leur propre famille magique, l’idéologie du sang pur qui tient une place importante dans l’histoire de la magie en Europe ne rencontre donc pas autant d’adeptes en Amérique.

La conséquence la plus importante des évènements survenus à Salem fut peut-être la création en 1693 du Congrès magique des États-Unis d’Amérique, environ un siècle avant sa version non-maj’. Ce congrès connu par les sorciers et sorcières d’Amérique sous l’abréviation MACUSA (couramment prononcée « Ma – cu – za ») réunit pour la première fois la communauté magique d’Amérique du Nord et conçut des lois spécifiques permettant la cohabitation des mondes magique et Non-Maj’, à l’instar des pays voisins. La première tâche du MACUSA fut de traduire en justice les Ratisseurs qui avaient trahi les leurs. Ceux qui étaient reconnus coupables de meurtres, de traite de sorciers et de torture parmi d’autres formes de cruauté furent exécutés pour leurs crimes.

Plusieurs des Ratisseurs les plus connus échappèrent à la justice. Alors que des mandats internationaux autorisaient leur arrestation, ces Ratisseurs disparurent définitivement dans la communauté non-maj’. Certains se marièrent à des Non-Maj’ et fondèrent des familles dans lesquelles les enfants sorciers semblaient avoir été abandonnés au profit d’une progéniture non magique, et ce, afin de préserver la couverture du Ratisseur.

L’historien de la magie américaine Théophile Abbot a identifié plusieurs de ces familles. Chacune croyait fermement en la magie et la détestait. Les Non-Maj’ d’Amérique du Nord semblent souvent moins enclins à croire en l’existence de la magie que de nombreuses autres populations, probablement à cause des croyances et luttes anti-magiques des descendants des familles de Ratisseurs. Tous ces évènements ont eu des répercussions considérables sur la façon dont la communauté magique d’Amérique est aujourd’hui gouvernée.

 
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