La fille sans passé de de Sarah Everett chez Castelmore

by on 12 juin 2018

Présentation de l’éditeur

Depuis qu’Addison a subi un accident, elle a des trous de mémoire et elle parle à un garçon qu’elle est la seule à voir. Est-elle en train de devenir folle  ? Addison décide de s’inscrire à un programme médical qui est censé lui permettre de récupérer la mémoire. Mais rapidement, elle découvre que ce n’est pas sa première visite à la clinique  : elle y est déjà venue pour effacer certains de ses souvenirs… Dont le souvenir d’un garçon. Qui est ce garçon  ? Pourquoi l’a-t-elle effacé  ? L’a-t-elle aimé  ? Addison est prête à tout pour le retrouver et retrouver celle qu’elle a été…

Auteur: Sarah Everett

Editeur: Castelmore

Parution: avril 2018

 

Lorsque j’ai lu le résumé, j’ai tout de suite accroché. L’idée de perte de mémoire volontaire m’intriguait. Me questionnait. Je me suis donc lancée dans cette lecture en espérant : 1 passer un bon moment, 2 quel angle allait utiliser l’auteur pour parler de ce sujet, 3 – quels traumatismes peuvent être survenus pour que l’on souhaite perdre les informations sur une partie de sa vie.

 

Addison vient d’avoir un accident en bus, elle n’a aucune séquelle physique et mental. Lors de cet accident, elle rencontre un garçon qui lui plait énormément. Elle va rapidement le retrouver. Toutefois, un problème survient… Elle est la seule à le voir, lui parler.

Alors qu’elle souffre de ces visions pourtant bien agréable, Addison entend parler d’un centre permettant d’effacer la mémoire. C’est décidé, elle doit effacer sa mémoire et ne plus voir le garçon.

 

Sarah Everett nous fait entrer dans un monde identique au notre, il est peut-être juste un peu en avance avec ce que l’on connait. Ici il existe une institution ayant pignon sur rue qui permet d’effacer une partie de sa mémoire. Chose qui n’est pas utopique à mon humble avis. Le problème avec ce type d’établissement serait plutôt étique je pense. Bref, on peut facilement rentrer dans l’histoire puisqu’elle se passe dans un monde que nous connaissons bien. L’auteur n’a pas ici à faire des pieds et des mains pour nous décrire l’univers dans lequel ses personnages vont évoluer.

 

Le rythme du roman est parfois un peu lent, toutefois, quand l’auteur décide de faire une révélation, le lecteur la prend comme une claque en pleine figure. Petit à petit le ton léger devient plus pesant. Des ombres viennent assombrir le tableau. Oui le jeune homme n’est vu que par Addison, mais ce n’est que le prétexte pour faire sortir ce qu’Addison a au fond d’elle. J’ai adoré le troisième tiers du roman, sombre et mettant le lecteur face à sa projection de ce qu’il ferait.

On se pose la question des décisions prises par soit même ou autrui pour nous. On se demande si on devait oublier quelque chose, qu’est ce que cela pourrait être. L’auteur nous insuffle un début de réflexion vraiment prenant et perturbant.

 

Addison est une fille simple et c’est ce qui la rend vraiment attachante dès les premières pages. En fait, elle ne fait pas de chichi ou de truc trop cucul. Elle a la tête sur les épaules, ne se prend pas la tête pour des bêtises. C’est un choix judicieux de l’auteur car cela permet de rendre plus puissantes les révélations qui suivent.

Addison est une personne sensible. On a envie de faire sa connaissance. De parler avec elle de ce qu’elle vit et ressent. On en a envie aussi je pense pour nous faire nos propres idées des questionnements autour de la mémoire et de l’oubli.

 

 

J’ai vraiment aimé ce livre et ce malgré quelques petites longueurs. J’aime tout ce qu’il a fait bouger en moi, les questionnements qu’il a provoqués en mon fort intérieur. Alors oui, il n’y a pas de scènes d’actions de folie, mais il n’y en a pas besoin. Les mots suffisent à bouleverser le lecteur et ce qu’il est.

 

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