Bordemarge

4 ème de couverture et infos

Un mousquetaire rebelle quitte le château de Bordemarge au galop. Après avoir fomenté un coup d’État, Le duc Silas a lancé ses troupes de pirates sur les traces de Roxane, l’héritière légitime du trône, qui a réussi à s’enfuir. Violette, bibliothécaire déprimée, aurait adoré lire ce genre d aventures rocambolesques. Aussi, le jour où, pour échapper à ses ennemis, Roxane traverse un tableau magique qui donne sur le monde réel et envoie Violette à sa place à Bordemarge, cet échange est l’occasion rêvée pour la bibliothécaire de troquer son quotidien contre des péripéties incroyables. Saura-t-elle déjouer les plans de l’infâme Silas ? Une chose est sûre : à Bordemarge, tout est possible, il suffit de le vouloir !

Auteur: Emmanuelle Nuncq

Editeur: Castelmore

Parution: 12 avril 2012

 

 

CHRONIQUE – EVEY

Ce roman, je l’attendais et de pied ferme! J’en avais tellement entendu parlé, j’aime tellement les costumes fait par l’auteur que je n’avais qu’une hâte rencontrer son univers. C’est maintenant chose faite, il est temps de chroniquer « Bordemarge ».

L’univers d’Emmanuelle Nunqcq est tout simplement génial. Bordemarge est le lieu où n’importe quel fan de lecture et d’aventure à envie de vivre. Ici les codes de la littérature enfantine et de capes et d’épées sont respectés à la lettre. Le méchant ressemble à un méchant; il est vêtu de noir. Et c’est avec beaucoup d’humour que l’auteur s’amuse avec ces codes. Sans complexe elle pointe du doigt les grosses ficelles du genre et se les réapproprie. Rapidement on a très envie de faire partie de l’aventure, de traverser une peinture. Mais voila, Emmanuelle Nunqcq ne laisse pas monter le lecteur comme ça. Tout au long du roman on fait des tentatives pour s’immerger nous aussi dans le monde de Roxanne, mais on n’y arrive pas. L’auteur a mis comme une cloison entre nous et son univers. Pourquoi veut-elle le protéger à tout prix? L’appropriation d’un univers par les lecteurs est essentiel au bon fonctionnement d’un roman. Bref, cela est bien dommage car comme Violette, nous aurions pu apporter quelque chose de plus ou au moins rentrer complètement dans le roman et ainsi en profiter pleinement.

 

« Bordemarge » est un roman jeunesse, il faut clairement le lire comme tel. Et pourtant certains adultes y trouveront leur compte. Je m’explique. Le jeune lecteur va découvrir un roman amusant, parfois dur avec ces personnages, original, où l’aventure s’écrit avec un grand A. Les quelques mots de vocabulaire un peu difficiles lui permettront d’apprendre quelque chose en lisant.

Pour ce qui est des adultes, ceux qui aime Dumas, les mousquetaires, tout ce qui est chevaleresque, se régaleront avec « Bordemarge ». L’utilisation des codes littéraires est fait avec humour et brio. On se laisse prendre par l’aventure, même si on se doute de la tournure que vont prendre les choses. On retombe en enfance, l’ histoire de quelques pages. Mais je crois que mon plus grand plaisir à été et de retrouver les « choses » qui ont fait de la littérature française de capes et d’épées une référence internationale.

 

L’intrigue est assez simple et un adulte devrait rapidement en deviner les tenants et aboutissants. Le lecteur un peu plus jeune devrait être étonné une paire de fois, les rebondissements sont au rendez-vous. Je ne vous en dis pas plus.

 

Comme nous le disons souvent, trop de personnages tue les personnages. Entre les personnages de notre monde (Violette et Christian) et les personnages de Bordemarge ont s’y perd parfois un peu. Et bien qu’assez rapidement on comprend qui aura une place importante et qui n’est que de passage, cette prolifération de noms et caractères alourdi le roman. Et j’ai bien peur que les plus jeunes lecteurs s’y perdent un peu, voir beaucoup.

Violette est très clairement une des autoportrait de l’auteur. Rien que le fais qu’elle soit bibliothécaire nous met sur la piste. Mais je dirai que Roxanne est aussi l’auteur. Serions nous face à un cas Jekill et Hide? Cette projection de l’auteur dans les personnages lui permet de développer en profondeur leurs caractères. Mais voila, c’est aussi cela qui empêche le lecteur de rentrer dans le roman. Il n’a plus de place pour lui… Quoi qu’il en soit, ces deux jeunes femmes sont attachantes et fortes (dans des styles différents).

Je n’ai pas du tout accroché au personnage de Christian. Perso, les gens trop « happy » j’évite. Là, je n’avais pas le choix… Il a fallut que je le supporte.

Marius est un personnage intriguant qui ne demande qu’une chose, prendre plus de place. J’ai encore tellement de questions sur lui en tête. Un roman consacré à son histoire serait juste parfait.

 

Emmanuelle Nuncq a un style fluide et agréable à lire. On tourne les pages sans s’en rendre compte. Sans jamais tomber dans la facilité d’un vocabulaire enfantin, l’auteur va même jusqu’à introduire du vocabulaire élaboré. Si tous les auteurs jeunesses prenaient la peine de produire des textes tirant les jeunes vers le haut, peut-être nous aurions moins de « kikoulol » et plus de « bonjour », « merci », … Bref la fin de la culture au rabais. MERCI MADEMOISELLE NUNCQ!

 

Bordemarge, texte philosophique? Remise en question des codes? Ou juste aventure fantastique dans un monde où le brave ne meurt pas…? Je dirais beaucoup des deux. Cela dépend de comment vous allez appréhender le roman. Mais si comme moi vous le prenez à la première lecture comme un texte littéraire éducatif, vous verrez qu’il est bien plus efficace que n’importe quel cours en amphi sur la littérature de Monsieur Dumas.

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