Interview – Vampirisme.com

25 novembre 2014

Bonjour,

Merci d’avoir accepté de répondre à notre invitation. Vampirisme.com est un site que je suis depuis plus de 5 ans et ce toujours avec bonheur. Vous êtes la référence française sur le sujet et pourtant personne ne prend la grosse tête ☺. Mais commençons l’interview.

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Quel fût ton premier contact avec le monde des vampires ?

Je dois mon premier contact avec le thème du vampire à une série de BD, le Prince de la Nuit de Yves Swolfs. J’ai découvert le premier tome un peu par hasard, en vacances, alors que j’étais au collège. Et ça a été une vraie révélation. L’ambiance y est très classique, inspirée des films de la Hammer, mais j’ai rapidement été captivé par cette histoire d’une famille dont chaque ainé se retrouve à reprendre le flambeau de la chasse contre Vladimir Kergan, à qui je dois mon pseudonyme. Plus tard, il y a bien sûr eu le Dracula de Stoker, le film de Coppola et les romans d’Anne Rice. Donc en premier lieu, des livres sur les vampires.

 

Quand est né Vampirisme.com ? Et surtout quel a été le déclencheur de cette aventure ?

Le site est né en 2006. A cette époque, j’étais développeur web et je cherchais un projet perso sur lequel me faire les dents. Par le passé, j’avais essayé plusieurs fois de me lancer dans la création d’un site sur le sujet, mais ces différentes moutures sont restées dans les cartons. Ce qui a fait la différence, c’est d’être allé en Transylvanie avec un ami pendant 15 jours, sur les traces du Dracula historique (et un peu de celui de fiction). C’est grâce à ce voyage, aux lieux que j’ai visité (la tombe de Vlad Tepes, son lieu de naissance…) que le déclic est venu. Nous avions prévu de prendre des notes chaque soir, avant de nous coucher. Ces notes ont servi de premiers contenus au site (et ont inauguré ce qui est aujourd’hui une rubrique de récits de voyages sur le thème du vampire). Et une fois que tout a été publié, l’envie de ne pas s’arrêter là.

 

Combien de personnes travaillent pour Vampirisme.com ?

Il y a une petite dizaine de rédacteurs qui officient sur le site. Pour certains, c’est leur seul support de publication en ligne, d’autres ont déjà des projets perso, ou participent à d’autres communautés. Tous ne s’intéressent pas au vampire de la même façon. On a de vrais passionnés de bit-lit (comme Ewelf ou MilieWB), des cinéphiles (comme Amnésie), des touches à tout (comme Chani, Heights, Spooky, Madoka, Senhal et moi-même).

Il n’y a aucune obligation à publier régulièrement. Le seul prérequis est de respecter la ligne éditoriale du site : si ça ne parle pas de vampires, on ne prend pas. Mais on s’ouvre par contre à de plus en plus de médias. Au début il ne s’agissait que des livres de vampires, puis sont venus les films, les jeux, les spectacles (notamment les comédies musicales), et depuis peu la musique (une rubrique qui me tient à coeur).

Le volume de sorties, tous médias confondus, sur le sujet nous permet en outre de maintenir un bon rythme de publication, avec minimum un contenu tous les deux jours. ET on ne fait pas que chroniques. Il y a aussi de nombreuses interview d’auteur (francophones ou pas), les articles de fond, etc.

 

Quel est ton meilleur souvenir vampirique ?

Ma première rencontre avec Jean Marigny et Alain Pozzuoli, deux personnes que je tiens pour des véritables encyclopédies françaises du sujet. C’était à Paris, à l’occasion d’un évènement qui n’a eu que deux éditions : Le Fantastique dévoilé (merci Manou Chintesco pour ça). Mon site avait alors quelques semaines, j’avais imprimé à l’occasion des cartes de visite un peu cheap. Dire que maintenant, je les invite aux évènements du Lyon Beefsteak Club, et que je les considère comme des amis !

Mais à dire vrai, la majeure partie des rencontres que j’ai pu faire via le biais de ce site sont des souvenirs assez forts. Avoir eu la chance d’approcher des gens comme David Khara, Anne Rice, Yves Swolfs, Morgane Caussarieu, Jeanne-A Debats, Li-Cam, Fabien Clavel, Marika Gallman… la liste est objectivement assez énorme. Et j’en suis le premier surpris.

 

Si tu ne pouvais conseiller qu’un seul livre à une personne souhaitant découvrir le mythe des vampires, lequel serait ce ?

Mon côté fanboy me ferait d’emblée citer la série Anno Dracula de Kim Newman, mais je pense qu’il faut déjà avoir lu pas mal de choses sur le sujet pour vraiment en apprécier toutes les références. Sinon, je peux sans hésitation citer La soif primordiale, de Pablo de Santis, un des textes les plus beaux que j’ai eu l’occasion de lire ces dernières années. Et pour quelque chose de plus punchy, la série Nécroscope de Brian Lumley (mais il faut passer à l’anglais après le troisième tome).

 

Vous participez entre autre au salon du vampire à Lyon. Que représente ces évènements pour vous ?

Je suis en fait le président du Lyon Beefsteak Club, l’association qui organise le Salon du Vampire. Tout ça est parti d’un pari un peu fou, il y a 4 ans : monter dans notre région des évènements sur le sujet qui nous passionne. A la base, il y a 3 rédacteurs de vampirisme.com (même si le bureau a évolué depuis), mais je considère de manière assez distincte les deux entités. Pour nous, l’objectif de ces évènements se rapproche quelque part de l’objectif du site : montrer qu’avec un thème, on peut faire énormément de chose, et que même si la redite existe, il y a aussi énormément de variations novatrices, tous supports confondus.

Le Salon du Vampire n’a fait que grossir sur ses 3 premières éditions, la dernière étant clairement la plus ambitieuse à ce jour. Et a mon sens la plus réussie. Mais c’est aussi parce qu’on a été particulièrement été aidé par les bénévoles qui ont fait un boulot considérable. Et grâce aux éditeurs et partenaires, qu’il s’agisse des stands qui étaient présents ou des finances privées.

 

Votre site est tellement complet que l’on peut même retrouver des articles sur vos voyages en terre sacrée. Comment avez-vous vécu ces voyages ? Conseillez-vous à nos lecteurs de se lancer dans une telle aventure ?

Comme dit plus haut, ça a été l’origine du site. Et ça reste encore un axe de travail important à mes yeux. Il est très rare, quand je pars en vacances avec ma compagne, qu’on ne se renseigne pas au préalable sur les liens existant entre notre destination et le mythe du vampire. Tous nos voyages ne sont pas chroniqués, mais les plus marquant, comme le mien en Transylvanie, et ceux que nous avons fait sur les traces de Gilles de Rais, ou autour de la légende de la Comtesse de Deux Forts sont présents sur le site. Et on envisage de retourner à Londres, d’aller à Whitby, de faire un gros périple sur les traces de la comtesse Bathory (notre projet le plus ambitieux), ou en Nouvelle Angleterre (qui possède pas mal d’affaire recensées sur le sujet).

Chaque voyage a été vécu un peu différemment. La Transylvanie, c’était un gros pari. On avait préparé un trajet mais dans les fait, on ne s’était pas vraiment renseigné avant. On a été confronté à pas mal de déconvenues mais c’est à ce jour le voyage le plus marquant que j’ai pu faire, avec un nombre d’anecdotes incroyables. Gilles de Rais, c’est essentiellement pour sa présence dans le Là-bas de Huysmans. Et parce que c’est une figure historique française qu’on associé au thème. La comtesse de Deux Forts, c’est à la base une des très rares légende vampirique française. Mais elle ne repose pas sur grand-chose.

 

Les vampires sont devenus plus « tendres », voir « gentils ». On est loin du Dracula de Monsieur Stoker. Comment voyez vous cette évolution ?

C’est une évolution quelque part assez logique. En donnant aux vampires la possibilité de s’exprimer, Fred Saberhagen et Anne Rice ont ouvert la voie. Stéphanie Meyer et son Twilight n’a fait que poursuivre dans ce sens, même si elle aseptise à mon sens beaucoup trop la figure du vampire. Je me retrouve objectivement moins dans ce genre de choses, même si je les regarde ou les lis. Car difficile de parler de l’évolution du vampire dans les arts en faisant abstraction de ses derniers soubresaut. Mais même dans les oeuvres jeunesses, le vampire n’est pas forcément le « gentil ». Si on pense à Vampire City, à Vampire Academy et à quelques autres, il reste encore un personnage assez noir.

 

Anne Rice revient sur sa saga vampirique avec un nouveau tome « Prince Lestat ». Que pensez-vous de ce retour ? La dame s’est-elle détachée de ses multiples références religieuses ?

Je viens tout juste de finir ce 11e roman. J’étais à la fois assez heureux d’apprendre qu’elle se remettait à ses Chroniques, et pour autant assez méfiant. Car en effet, si les trois premiers opus des Chroniques sont partis les romans qui m’ont le plus passionnés (et s’ils ont contribué fortement à renforcer mon intérêt pour le vampire), la suite de la série ne m’a pas toujours convaincu. Pour autant, je trouve qu’elle a pris du recul avec le religiosité des derniers tomes sortis (notamment Cantique sanglant) avec ce nouveau tome. Ses personnages citent d’ailleurs davantage les 5 premiers tomes que les suivants, dans leurs dialogues. Et même si je trouve que le roman mais un certain temps à démarrer, c’est une lecture que j’ai bien apprécié. Parce qu’elle revient sur la genèse de ses vampires, et développe sa galerie de personnages.

 

Quel est pour vous la vérité sur la naissance du premier vampire ?

Je pense qu’on peut difficilement parler de vérité. Il y a autant de conception de vampires (voire de créatures buveuses de sang) que de cultures, à travers le monde. Et avec les Lamias ou les Succubes, on peut retracer l’existence de ce genre entités jusqu’à l’antiquité (et sans doute même au-delà).

Je vois surtout le vampire comme une personnification des grands interdits et secrets de ce monde : la mort, le sang. Voire dans certains cas comme une réponse surnaturelle à ce qu’on ne pouvait pas, à l’époque, expliquer (les corps retrouvés non décomposés, la consomption aux Etats-Unis,…).

 

Une nouvelle édition du jeu de rôle « La Mascarade » vient de sortir. Avez-vous déjà pu la tester ? Y a-t-il de vrais changements ?

Il y a en fait deux éditions à venir : une édition 20e anniversaire de Vampire : La Mascarade, et une nouvelle version de Vampire, qui ferait suite au Requiem : Blood and Smoke. Mais si ces deux versions sont sorties aux US, j’attends les versions françaises avant de me pencher dessus. Mais même dans le jeu de rôle, il y a pas mal d’autres variations sur le thème. Dernièrement, j’ai ainsi fait l’acquisition du jeu Nights Black Agent, et il y a chez éditeur La Boîte à Heu, deux jeux pour les amateurs de bêtes à crocs : Annalise (où les joueurs incarnent les protagonistes d’une histoire de 45 mn avec un vampire – mais qu’ils n’incarnent pas -) et Monsterheart (qui permet de jouer dans un univers que devraient apprécier les amateurs de bit-lit). Autant de jeux que j’attends de tester pour les chroniques.

 

Êtes vous passionnez exclusivement de vampires ?

J’ai d’autres marottes, mais aucune qui va aussi loin. Je suis par exemple collectionneur de toutes séries et romans mettant en scène le personnage de Sherlock Holmes.

 

Encore une fois nous remercions très sincèrement Vladkergan de Vampirisme.com qui a accepté de répondre à nos questions.

vv

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