Humaine

4 ème de couverture et infos

Je te libère… Je te libère, Lenah Beaudonte. Garde espoir et sois libre… Ce sont les derniers mots dont je me souviens. Avant eux, j’étais la vampire la plus belle et la plus cruelle de tous les temps. Maintenant, je suis une jeune fille de seize ans, je veux sentir le soleil sur ma peau et ce que c’est qu’être amoureuse. Je veux savoir ce que ça fait de redevenir humaine.

Auteur:Rebecca Maizel

Editeur: Albin Michel

Parution: 06 avril 2011

 

 

CHRONIQUE – EVEY

 

Minuit quarante sept, je referme « Humaine »; je suis vide, je sens le sillage sec d’une larme sur ma joue. Je prend mon téléphone et envois un mail à Anne de édition Albin Michel. Il faut tout de suite que je la remercie de m’avoir envoyé CE roman.

Humaine fait maintenant parti des rares romans à m’avoir vraiment fait passé par une pléiade de sensations et de sentiments. Très rapidement on entre dans le livre pour n’en sortir que bien après avoir refermé la dernière pas.

Lenah est un personnage basé sur la dualité. Elle la vampire sanguinaire sans âme découvre le monde des humains et les sentiments. L’exemple le plus intéressant de redécouverte de Lenah est lorsqu’elle retrouve le touché. En temps que vampire, elle n’avait plus cette sensations entre autre. Rebecca Maizel nous décrit longuement, mais sans jamais tomber dans le « trop », la redécouverte des sens de Lenah. La complexité du bois, la douceur d’un drap, … on se prend au jeu et nous aussi nous redécouvrons ce qui est pourtant notre quotidien. Par moment, on a envie de trouver un bout de bois ou une pierre pour la toucher et voir ce a quoi nous ne faisons plus attention. Le personnage de Lenah est une hymne à l’humanité et ça fait du bien, on oubli souvent trop vite qu’on a de la chance d’être là; malgré tout. Je vous rassure Rebecca Maizel tourne les choses bien mieux que moi et n’est à aucun moment dans le moralisateur. Cette hymne à la vie est faite avec douceur et finesse.
Mais Lenah n’est pas que ça… son personnage est particulièrement riche. L’auteur nous entraine régulièrement dans le passé vampirique de Lenah grâce à des flash back. Ces derniers sont la plupart du temps un contre poids à ce qu’apprend la Lenah humaine et permette de découvrir vraiment en profondeur la complexité de l’héroïne. Lenah va vous faire passer par de nombreuses émotions, vous serez en colère contre elle, vous aurez envie de l’aider, vous voudrez la secouer, la prendre dans vos bras, … et c’est ça qui est magique, car même dans les pires moments, ceux où d’habitude on n’a qu’une envie en retourner une à l’héroïne et bien là soit on en a envie mais d’une façon différente (je n’arrive pas vraiment a expliquer pourquoi…). On a plus envie de la conseiller ou de la secouer comme une amie, ce n’est plus un personnage dont on n’aime pas les réactions. Je crois que c’est là la différence.

Je pourrais vous parler de Lenah sur des pages et des pages mais j’ai vraiment envie que vous découvriez le personnage avec vos propres émotions. Que vous la voyez évoluer, de vos propres yeux, en tant que jeune humaine alors qu’elle réfléchie encore en vampire. Certains de ces commentaires sur nos réactions sont vraiment intéressants :).

Justin est LE garçon, dès les premières pages on le sait. Et pourtant au début du roman ce garçon trop parfait agace, on n’a pas envie que Lenah soit avec lui. Justin est le garçon génial dont toutes les filles rêvent et c’est frustrant de se dire que cette héroïne si intéressante puisse se tourner vers lui. Et pourtant au fil des pages, Lenah nous explique patiemment pourquoi c’est lui. Comme si l’auteur savait que le lecteur n’allait pas cautionner cet amour. En tournant les pages, on découvre de nouvelles choses sur Justin. Et on commence à comprendre en quoi il est important et au final il devient intéressant.

Dans ce roman les rôles sont complètement inversés, Lenah a les pensés les plus sombres et à commis les pires horreurs, elle a du mal pendant un long moment à ne plus penser comme le vampire sanguinaire qu’elle était. Justin lui est fait de lumière et de gentillesse. Ce contraste est étonnant dans une romance, il faut dire qu’on a plus souvent à faire à un bad boy 😉 , permet aux lecteurs de s’investir peut-être un peu plus dans cette dernière.

L’amour, pas seulement celui que l’on a pour notre compagnon, est au centre du roman. Rebecca Maizel nous montre qu’il y a de nombreuses façon d’aimer, que l’on aime jamais deux fois de la même façon.  Que l’amour revêt de nombreuses formes. L’amour a des conséquence, comme tout le reste de nos actions, pourtant on s’en soucis moins souvent. L’amour est un personnage a part entière.

Les personnages secondaires sont plus ou moins développés. Tony est tout particulièrement attachant, le trio est stéréotypé mais au final tellement réaliste… Chaque personnage a son rôle à jouer. Rhode peut-être un peu plus que les autres… Rhode qui accompagne Lenah depuis si longtemps est présent en permanence. On n’est pas toujours heureux de ses choix ou de ses mots et pourtant il faut qu’on les entende…

L’histoire en elle même est « prévisible », l’auteur le dit en avec les mots de Lenah. Nos actes ont des conséquences et même si l’on souhaite de tout notre cœur passer à côté, ce n’est pas possible. Certaines choses ont été déclenché et elles doivent arriver. Pourtant, lors de la lecture on ne peut s’empêcher de se dire que non les choses ne se passeront pas comme ça, qu’il y a une autre solution. Parfois, vous serez étonnée car les conséquences ne sont pas toujours celles que l’on attend, mais l’inévitable arrive, compressant notre cœur de douleur petit à petit.

Pour ce qui est des vampires, on revient à une vision plus classique mais surtout bien plus sanguinaire et malveillante que celle que l’on trouve dans la littérature pour Jeunes Adultes. Certains clichés sur les vampires sont « out » mais l’auteur explique pourquoi et ces explications tiennent parfaitement la route.

 

Humaine est un roman qui fait du bien à notre humanité. Il nous rappel que le bonheur est souvent là où on ne le voit pas… Mais Humaine n’est pas seulement ça. Le roman traite avec pudeur (en utilisant le surnaturel pour aborder le sujet) et justesse de la solitude, du suicide, de l’amour, de l’Homme, des conséquences de nos actes, du lâcher prise, de la cruauté, des regrets, des remords, des peurs, des doutes mais aussi des certitudes, … C’est un roman complexe qui mérite que l’on s’attarde dessus encore et encore pour réussir à comprendre la complexité des concepts abordés parfois presque sur un ton philosophie. La sublime et poétique écriture de Rebecca Maizel porte à merveille le roman, les personnages et l’histoire. L’auteur sait utiliser les mots et connait l’importance de trouver le bon. Humaine est l’équilibre parfait entre un écrit philosophique et un roman de Young Adult. Un vrai petit bonheur pour les amoureux des mots. Vous savourerez les flash back et les monologues de Lenah qui parfois révèlent un vocabulaire d’un autre temps.

 

Ps: A la fin… on veut de suite lire la suite!

 

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