The Hate U Give de Angie Thomas chez Nathan

by on 11 avril 2018

Présentation de l’éditeur

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

Auteur: Angie Thomas

Editeur: Nathan

Parution: 5 avril 2018

“The Hate U Give” a remporté les Goodreads Awards 2017 et avait déjà énormément fait parler de lui avant cette récompense. A tel point que je m’étais acheter le roman en VO. Malheureusement (comme souvent) je n’ai pas eu le temps de le lire avant que Nathan annonce la sortie en VF. J’ai donc préféré attendre. Par contre, le jour où j’ai reçu le roman, j’ai arrêté mes autres lectures pour l’entamer. (Oui je ne suis pas sérieuse).

 

Starr vit dans les quartiers avec sa famille, toutefois, elle va dans un lycée du centre-ville exclusivement blanc. Elle n’aime pas trop sortir, pourtant un soir elle suit sa demie sœur dans une fête des caïds de la ville. La soirée tourne mal, des coups de feu sont tirés. Starr fuit en voiture avec son ami d’enfance Khalil qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs mois. Alors qu’ils roulent tranquillement pour rentrer chez eux, la police les arrête. Starr fait exactement ce que la police lui demande malgré un ton très désagréable des forces de l’ordre. Khalil est plus réticent, pourtant il se plie aux demandes. Mais BANG BANG… (je vous laisse découvrir la scène qui m’a fait pleurer pendant de longues minutes). Justice est demandée, les tensions montent entre les blancs, la police et la population noire. Les gangs s’en mêlent. La situation est explosive.

 

Si dans un premier temps, je me suis dit que l’auteur avait un discours pro-noir, voir raciste envers les blancs (oui pour moi le racisme existe quelque soit la couleur de peau, quelque soit la religion, quelque soit le pays, la langue, …). Puis petit à petit je me suis rendue compte que le petit ami de Starr avait un rôle primordial, tout comme son oncle. Ils sont l’équilibre qui annihile toute notion de racisme. Angie Thomas nous offre la réalité, triste soit, mais la réalité. Et ça fait mal. Nous ne sommes pas encore à ce stade en France, et j’espère que ça ne sera jamais le cas. Toutefois, ce livre est d’utilité publique. Il faut que les gens le lisent pour comprendre le monde qui bouge autour de nous. Comprendre que la souffrance et l’injustice sont omniprésents. Que l’on peut faire bouger les choses… et au final ne rien changer… Car ce n’est pas nous qui prenons les décisions, ce sont ceux au-dessus de nous. Ceux qui se moquent que l’on soit pacifiste ou pas. Ceux qui utilisent les débordements pour nous diviser. Angie Thomas pointe tout cela du doigt sans filtre. Et pour cela, on ne peut dire que MERCI.

Starr est divisée. Divisée car elle noire et pense être comme les autres, elle croit en l’égalité. Elle sait que la couleur de peau change des choses, la preuve elle est dans un lycée de blanc pour avoir une éducation lui permettant un accès aux grandes écoles plus simple. Un lycée qui l’éloigne des gangs de son quartier.  Mais la vie va lui montrer qu’être noir c’est faire face à un racisme violent même quand on ne fait rien de différent des autres. Starr va devoir s’ouvrir et affronter une réalité violente. Tout comme Starr je savais qu’il y avait des grosses inégalités dues à la couleur de peau, mais je ne pensais pas que les « choses » en étaient à ce stade. Ce roman m’a baffé à de nombreuses reprises. J’avais la rage. J’avais honte. Starr et moi on ne faisait qu’une. Une boule d’énergie demandant le changement. Je n’ai jamais compris que l’on puisse juger les gens sur la couleur de leur peau. Je sais que cela existe, je ne suis pas naïve. Mais je ne comprends tellement pas ce comportement… Alors « The Hate U Give » est pour moi comme une balle en pleine poitrine.

 

« The Hate U Give » est un roman d’utilité publique, une bombe en plein cœur, un cri qu’on a retenu trop longtemps. Les références aux années 80/90 sont des petites madeleines qui font du bien dans cette réflexion douloureuse sur notre monde. Je remercie d’ailleurs l’auteur pour l’explication sémantique de « Thug Life » ^^, je l’utilise d’ailleurs régulièrement maintenant 😊.

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