Fais un voeux

 

4 ème de couverture et infos

Impuissante face à la terrible disparition de sa jumelle Violette, Olivia suit ses parents à San Francisco pour prendre un nouveau départ. A l’occasion de la première soirée avec ses nouveaux amis, elle fait retoucher l’une des robes préférées de sa soeur chez une mystérieuse couturière. Mais la jeune fille aux doigts de fée lui rend trois nouveaux modèles… Trois robes dont chacune a le pouvoir d’exaucer un voeu. Magique ! Premier souhait : revoir sa soeur qui lui manque tellement. Pourtant les retrouvailles si attendues ne se passent pas tout à fait comme prévu. Sa jumelle adorée lui cacherait-elle des choses ? Soren, le garçon qu’elle aime tant, la voit-il telle qu’elle est vraiment ? Et surtout, ne se tromperait-elle pas de rêves ? Si vous pouviez tout avoir, que demanderiez-vous ?

Auteur: Alexandra Bullen

Editeur: Michel Lafon

Parution: 01 juin 2011

 

CHRONIQUE – EVEY

C’est la couverture de ce roman qui m’a tout d’abord attiré. J’aimais les couleurs et les papillons (mon animal emblématique). Il me fallait lire ce roman. Et je dois dire qu’une fois encore les papillons m’ont bien conseillé! Ce roman est doux, amer, fin, mélancolique, … Quand ton passé pourrir ton présent… FAIS UN VOEUX!

Le point noir de ce roman est une espèce de mollesse omniprésente dans le roman. On a l’impression que tout est lent, qu’il n’y a pas d’action. Pourtant, il s’en passe des choses dans « Fais un vœu ». Le côté « tout au ralenti » vient, je pense, du style de l’auteur. Cela peut déranger au début mais au final la lenteur porte le discours principal du roman sur le changement. Un bien ou un mal… pour ma part cela m’a déplus.

Comme vous l’avez surement compris ce roman n’est pas un roman d’action. Ici la réflexion tient un rôle important et les thèmes principaux sont universels. Le lecteurs ne peut que se retrouver à travers le personnage principal (Olivia) ou à travers l’un des personnages secondaires.

Olivia est au premier abord une jeune fille qui se cherche, ou du moins qui est perdue. La mort de sa sœur jumelle (on apprend que la cause tardivement et cela permet au lecteur de trépigner d’envie)  a déboussolée Olivia. Elle qui était déjà timide et effacée se retrouve perdue et transparente. Elle n’était pas la jumelle « dominante », mais voila qu’elle se retrouve enfant unique. Dans un premier temps elle donne le change, comme-ci rien n’avait changé, mais le passé est ce qu’il est et le deuil n’a pas été fait. Olivia passe par plusieurs stades, Violette – qui revient sous la forme d’un fantôme grâce au premier vœux d’Olivia – va essayer de faire de sa sœur sa copie conforme. Violette pense que sa façon de vivre était la bonne façon de vivre. Alors elle pousse Olivia, sans toujours prendre garde aux conséquences. Les deux jeunes filles sont complémentaires et très différente. Plusieurs fois, je me suis énervée contre Violette. Elle est tellement sure d’elle et pousse tellement sa sœur dans ses retranchements que j’en avais mal pour Olivia. En tout cas, le duo fonctionne bien et entraine le lecteur dans le monde des deux jeunes filles, car elles ont leur petit monde à elle. Un monde où tout est loin d’être rose… la perte de Violette a plongé la famille d’Olivia dans un quotidien où le maitre mot est « fuite ». Mais la fuite est-elle vraiment une solution? Vous découvrirez le point de vue de l’auteur au fur et à mesure des pages.

Personnellement je n’ai pas réussi a vraiment m’identifier à Olivia et pourtant au fil des pages, cette jeune fille m’a de plus en plus accroché à elle. Olivia est tellement touchante que l’on ne peut résister à l’envie de voir comment elle va s’en sortir, ce qui va lui arriver, … Certaines d’entre vous se retrouveront surement en Olivia et pour celle-là, je pense que le roman sera un petit bijou dès les premières pages.

Les personnages secondaires sont juste assez développés pour avoir une véritable place dans le roman. Calla est surement l’un de mes personnages préférés. Elle est très différente de beaucoup des personnages que j’ai pu rencontrer, soit elle est belle, mais elle possède une gentillesse qui souvent ne va pas de paire avec la beauté dans les romans. Soren, LE garçon du roman est gentil, peut-être un peu trop. Mais on ne pourra pas lui reprocher d’être faux. Soren est naturel à 100% et c’est cela qui fait vraiment son charme.

L’univers de « Fais un vœu » n’est pas un monde idyllique ou tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau. A. Bullen nous propose un monde réaliste avec les difficultés relationnels que tout le monde connait, disputes des parents, lycée où on se sent comme un extra-terrestre, … Le réalisme de l’univers de « Fais un vœu » renforce la puissance du discours adjacent.

Les thèmes abordés sont assez nombreux. Certains sont plus évidents que les autres : les rapports entre les jumelles, la timidité, … D’autres sont en filigrane tout au long du roman et ne sautent aux yeux que dans les dernières pages. Le questionnement sur la passé est tout particulièrement intéressant. Peut-on éternellement vivre dans le passé? Les malheurs du passé sont-ils insurmontable? J’ai beaucoup aimé aussi le questionnement sur « qu’est ce que vivre? » Vous verrez l’auteur aborde ce sujet sous plusieurs angles vraiment intéressants.

Ce roman propose, si le lecteur le souhaite, une petite réflexion philosophique sur la vie, les conséquences de nos actes, … Mais à aucun moment on ne tombe dans le moralisateur. Ici la douceur est le maitre mot du roman!

 

Le style de l’auteur est simple et fluide, la lecture se fait sans heurts. A. Bullen met une vrai douceur dans ses mots, comme si elle souhaitait nous préparer un agréable cocon afin de mieux  pouvoir le faire exploser dans les derniers chapitres.

 

Ce roman ne pourra pas vous laisser indifférent, l’un des points soulevés vous interpellera que vous ayez 12 ou 35 ans. Ce roman est universel. Ses questionnements sont ceux de tout un chacun. Mais A. Bullen a la bonne idée de ne pas tomber dans le moralisateur. Elle mène et guide la réflexion du lecteur, mais ne lui impose rien. L’auteur nous fait réfléchir sur des questionnements quotidiens qui sont essentiels. Lorsque vous aurez refermé la dernière page, vous vous sentirez surement un peu mélancolique ou vide. C’est normal, ce roman fait écho à nos douleurs les plus profondes.

Ce roman malgré un certain manque de punch est un bien joli conte philosophique  qui entraine le lecteur dans une réflexion douce/ amer. Les moments de joie et les réussites alterne avec les moments de doute et de tristesse.  Je met ma main a couper que l’un des thèmes abordés vous interpellera que vous ayez 12 ou 35 ans. Quand vous refermerez ce roman, vous resterez rêveur, interrogateur, perplexe, … Il vous faudra peut-être quelques jours pour évacuer les questions que pose ce roman. « Fais un vœu »… une actualisation réussite du conte Aladin et surtout un roman qui va plus loin que la fable des Milles et une nuits!

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