Dry de Neal SHUSTERMAN et Jarrod SHUSTERMAN chez Collection R

12 janvier 2019

La sécheresse s’éternise en Californie et le quotidien de chacun s’est transformé en une longue liste d’interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches…
Jusqu’à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre.
Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.

 

 

 

Auteur: Neal SHUSTERMAN et Jarrod SHUSTERMAN
Editeur: Collection R

Parution: 22 novembre 2018

 

 

Lorsque j’ai découvert le résumé de « Dry », j’ai su qu’il fallait que je le lise. Ce roman faisait écho en moi, il me parlait. Bien que la « pénurie » totale d’eau potable ne soit pas, à priori, à l’ordre du jour, la destruction de la nature par l’Homme est un sujet qui me tient à cœur. « Dry » touche donc dans le mille.

Les auteurs ont l’intelligence d’amener la situation petit à petit. Ainsi, au rythme des protagonistes le lecteur découvre ce qu’est la soif. Au fil des pages, on prend vraiment la mesure de l’importance qu’à l’eau potable dans nos vies. L’impact du manque sur le corps humain mais aussi sur l’esprit. Et vous savez quoi ? Ce qui m’a le plus effrayé ce ne sont pas les transformations physiques dues à la déshydratation mais l’instinct de survie à l’extrême qui jailli hors de tout être humain. Le « produit » devient le centre du monde, il est obsession, il est la vie et la mort (désolée, la vision développée par les auteurs me rappelle tellement mon travail en addictologie ^_^ déformation professionnelle).

Vous allez me dire : on peut largement prévoir ces comportements, ce sont les même qu’en temps de guerre ou de famine. Je suis tout à fait d’accord. Mais je crois qu’en ayant choisi l’eau et uniquement l’eau les auteurs ont touché un point sensible et universel. Et c’est ce qui rend ce roman aussi fort.

Les personnages principaux sont tous très différents les uns des autres et bien que les auteurs tombent un peu dans la caricature avec le groupe typique de quête façon jeu de rôle on a envie de suivre leurs aventures et d’en apprendre plus sur eux. Malheureusement, pour ma part, je n’ai eu avec aucun une réelle empathie. Je ne dis pas qu’ils ne m’ont pas touché ou fait réagir. J’ai été plus d’une fois en colère, voir très en colère contre plusieurs d’entre eux. J’ai plusieurs fois souhaité giflé une certaine demoiselle. J’aurai adoré étouffer avec tout ce qui pouvait me passer sous la main chacun des garçons. Etc…

Les personnages secondaires sont principalement là pour servir le récit et c’est très bien comme ça. Les auteurs ne les développent ni trop, ni trop peu. Ils remplissent leurs fonctions puis disparaissent du paysage afin de ne pas encombrer le récit.

 

Ce roman est une petite merveille. Il fait se poser 2 questions essentielles à la connaissance de soi : « Mais moi, qu’est-ce que j’aurais fait à leur place ? » et « Qui suis-je ? »

On se dit toujours qu’on sera ou pas un héros, que si cela nous arrivait on ferait ceci ou cela, mais au final les auteurs nous montrent bien que rien n’est prédéfini et que face au danger, aux autres, à la vie, à la mort, nous sommes plus que ce que l’on pense être (négativement ou positivement).

Une lecture à mettre entre TOUTES les mains.

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