Des bleus au coeur

15 septembre 2013

 

4 ème de couverture et infos

À l’enterrement de sa soeur jumelle, Rebecca est seule face à tous les yeux braqués sur elle. Les filles du lycée, le petit ami d’Hephzi, les profs, les voisins, et ses parents. Que s’est-il passé ? Pourquoi est-elle morte si brutalement ? De quoi ? Rebecca est la seule à savoir. À savoir qu’Hephzi avait un petit ami, à savoir qu’elle faisait le mur pour le voir, à savoir surtout ce qu’il se passait quand elle rentrait de ses escapades, ce que son père lui faisait. Car le terrible secret que Rebecca est seule à porter désormais n’est pas à l’extérieur mais à l’intérieur de la maison. Ce qui lui fait si peur, si honte et si mal, c’est ce qui se passe une fois la porte fermée, ce qui a tué sa soeur jumelle : Les Parents.
Roman coup de poing à deux voix : celle d’Hephzi, la jumelle belle et populaire, et celle de Rebecca, l’autre jumelle, renfermée et terne, et deux chronologies : avant et après la mort d’Hephzi, Des bleus au coeur donne vie à ses soeurs jumelles. Elles racontent tour à tour le cauchemar qu’elles vivent à la maison, et les rêves qu’elles font quand même. Car l’enfer qu’elles connaissent une fois la porte close, comme si les Parents étaient des monstres et la maison une antre maléfique, ne les empêche pas d’être de vraies adolescentes : ce qui les intéresse le plus, c’est leur vie au lycée, leurs premières sorties, toujours cachées, le garçon dont Hephzi tombe amoureuse, sa première fois, et leur amour de soeurs profondément attachées l’une à l’autre mais si différentes.
Entre conte de fées maléfique et fait divers, Des bleus au cœur est surtout porté par les voix de ses deux héroïnes, émouvantes, attachantes et inoubliables.

Auteur: Louisa Reid

Editeur: Plon

Parution: 10 mai 2012

 

 

 

CHRONIQUE EVEY

Cela m’arrive parfois de lire des romans en anglais (rarement). Mais celui là m’avait vraiment intrigué. Je l’ai lu dès sa sortie. Et je dois dire que j’avais beaucoup aimé, mais je n’étais pas sure d’avoir tout compris. C’est donc 1 an et demi plus tard, que je m’attaque à la version française.

 

L’histoire de Rebecca et Hephzibah, les jumelles, n’est pas une histoire banale. Tout d’abord, elles sont les filles du vicaire de la ville… Alors vous me direz ce n’est pas obligatoirement cela qui ne les rends pas banales. Dans la série « 7 à la maison » le père est lui aussi vicaire et les choses se passent plutôt bien. Oui, c’est vrai, mais dans « Des bleus au cœur », Monsieur le vicaire n’a rien de gentil, sa femme n’ont plus d’ailleurs. Ils cloîtrent leurs filles dans le presbytères, elle ne vont même pas à l’école. De plus l’une des « gentille » habitudes du père est de boire puis de frapper ces filles, surtout Rebecca. Le jour où Hephzibah meurt, la vie de Rebecca est bouleversée.

 

Le roman alterne entre la narration d’Hephzibah vivante qui nous parle de sa vie, enfin sa nouvelle vie, puisque pour leur année de terminale leurs parents ont accepté de les laisser aller au lycée, et celle de Rebecca qui commence après la mort de sa sœur.

Le récit d’Hephzibah est plein de vie et de joie. La jeune fille découvre la vie d’une adolescente normale. Elle se fait des amies, sort avec un garçon, rit, pleure, … Elle tombe même dans la caricature de l’ado américaine. Hephzi veut mordre la vie à pleine dents. Mais ce n’est pas toujours facile lorsque l’on a des parents hyper-protecteurs, voir tyranniques. Hephzibah défie les règles en se reposant toujours sur sa sœur pour la couvrir. Mais voila, un jour les choses vont aller trop loin aux yeux de leur père et Hephzibah ne sera plus qu’un nom gravé dans le marbre d’une jolie tombe.

Le récit de Rebecca est touchant et poignant. Elle n’est pas comme les autres, Reb a une maladie qui lui déforme le visage. Pour les autres, elle est un monstre (enfin elle le pense). En même temps, parfois même sa jumelle lui renvoie au visage sa différence. La narration de Rebecca est une longue réflexion sur la vie et les combats que l’on mène pour s’en sortir. Je ne peux pas tout vous dire car beaucoup de choses très fortes découlent des événements du récit. Mais sachez que les derniers chapitres uniquement narrés par Rebecca sont d’une puissance inestimable. On a le cœur qui se serre, les larmes aux yeux, l’envie qu’elle s’en sorte, on lui envoie toute notre force. L’empathie avec le personnage de Reb ne se fait pas tout de suite. Mais une fois que l’on en sait plus sur la jeune fille, on ne peut qu’être touché par ses mots.

Vous verrez dans un premier temps on frissonne pour Hephzibah puis les choses changent… Et Rebecca prend une place bien spéciale dans le cœur du lecteur.

 

Ce roman m’a vraiment retourné. Une fois la dernière page lue, je me sentais vide et vidée. C’est une sensation étrange. On se pose des questions comme: « faut-il absolument un drame pour que les choses changent? Pour que les gens bougent? ». On a envie de relire le livre pour le comprendre différemment. Les histoires de Rebecca et Hephsibah ne sont pas banales, elles prennent au cœur. Laissez vous tenter par ce roman dur et amer, fort et tendre!

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