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Aussi libres qu’un rêve

 

Présentation de l’éditeur

En cette fin de XXIe siècle, la loi des Dates de naissance régit l’accès aux métiers. Né en janvier, vous avez accès au métier de vos rêves : acteur, chanteur, tout est possible. Né en décembre, préparez-vous à racler le fond de l’océan et à plonger les mains dans des algues gluantes ! Milnöa et Silnëi sont soeurs jumelles, nées à quelques minutes d’intervalle la nuit du 31 décembre. La première à 23h58 et la seconde à 0h17 ! La tyrannie des Dates de naissance leur promet des destins radicalement différents, mais cela ne les empêchera pas d’unir leurs forces pour combattre l’injustice et l’ordre établi, aidées par Kléano, le chanteur rebelle d’un groupe de rock.

Auteur: Manon Fargetton

Editeur: Castelmore

Parution: 18 mai 2016

 

 

CHRONIQUE EVEY

Lorsqu’Amazon m’a proposé de lire ce titre, je dois dire que j’ai été tenté tout de suite de passer ma commande. Toutefois, je me suis retenue, j’entendais déjà quelqu’un me susurrer à l’oreille :  « attention tes comptes »…. Saleté de banquier . Bref Amazon me l’a mis en avant plusieurs fois et la tentation était grande. Alors quand Castelmore m’a proposé le roman, j’ai sauté sur l’occasion ! Voici donc ma chronique de « Aussi libres qu’un rêve » de Manon Fargetton.

C’est dans un univers dystopique que nous entraîne l’auteur. XXIème siècle, les enfants qui naissent ne peuvent pas choisir leurs avenir, c’est leur mois de naissance qui s’en charge. Plus un enfant est né tôt dans l’année et plus le travail qu’il pourra faire sera prestigieux. Je dois avouer que j’ai tout de suite adorée ce postulat, reflet total de l’injustice à l’état pur. Et bien que je sois fan des factions dans « Divergente », je dois dire que le côté « on n’a pas le choix » de « Aussi libres qu’un rêve » m’a encore plus séduite.

Pour pimenter le tout, l’odieux chef de la région ne supporte aucun écart. Il mène d’une main de fer (sans le gant de velours) son territoire, n’hésitant pas à utiliser la fourberie pour arriver à ses fins. Nous sommes dans un monde sans pitié.

Manon Fargetton nous propose un monde simple et facilement compréhensible. Sa plume sert d’ailleurs ce choix. Et même si rapidement on sent que l’on lit un jeunesse ou YA (jeune public) l’auteur sait trouver les mots pour nous donner envie de tourner les pages et de découvrir encore plus de chose sur ce monde de répression.

J’ai beaucoup aimé aussi l’idée de la contraception de type roulette russe. Tout au long de l’année, les femmes en âge de procréer vont tous les mois dans un centre pour recevoir leur contraception. 1 mois, et rien qu’un seul, l’état leur donne un placebo, leur permettant ainsi de devenir mère. Seul le hasard décide. Ainsi le nombre de naissance est contrôlé. Cette idée est brillante, car elle est la suite logique des diverses politiques actuelles et à venir sur la gestion des populations. On a l’impression de se retrouver face à un futur tout à fait possible. Cela renforce les idées et l’univers que nous propose Manon Fargetton.

« Aussi libres qu’un rêve » commence par l’histoire de 2 jumelles nées à quelques minutes d’intervalle. La première Milnöa est née le 31 décembre à 23h58, sa jumelle, Silnëi est née le premier janvier à 0h17. Ces quelques minutes font totalement basculer la vie de Milnöa, à deux minutes près, elle aurait été comme sa sœur une janvier et aurait pu faire un métier « noble ». Mais le sort en a décidé autrement. Les deux sœurs vont être éduquées comme des « janvier » ; ainsi Milnöa ressent plus que les autres l’injustice de la situation. C’est ce qui va la pousser vers un « ailleurs ». Elle le trouvera auprès de 2 garçons, N. avec qui elle ne communique que par internet et Kléano, un musicien engagé et rebelle.

Manon Fargetton fait monter petit à petit la sauce en nous donnant à consommer des nouveaux personnages. Ces derniers, avec les sœurs forment un tout qui n’était pas si évidant à créer. L’action prend peu à peu plus de place, mais ne met pas en retrait toutes les intrigues plus psychologiques. Et cela est un très bon point. L’auteur réussi un savant mélange, dosé avec doigté, qui ne peut que rendre dépendant le lecteur.

Les personnages principaux sont au moins 6, mais cela n’est pas gênant car ils ont chacun leur place et leur temps d’intervention. Là encore, la plume de l’auteur y est pour beaucoup.

Milnöa est fougueuse et a envie de liberté. Malheureusement elle est née en décembre et son avenir semble se résumer par les algues. Le jour où elle rencontre Kléano, elle entrevoit un avenir différent, ou du moins plus « heureux ». Vous ne pouvez que craquer pour cette jeune fille passionnée et passionnante. Elle y va à l’instinct, ose, se connecte aux autres… Personnellement je suis rapidement tombée raide dingue d’elle.

Silnëi est elle plus réservée, toutefois elle rêve secrètement d’un monde différent. D’un monde avec moins de mensonges. Si dans un premier temps elle est effacée par sa jumelle, j’ai beaucoup aimé la mise en avant progressive que Manon Fargetton lui offre. On découvre une adolescente fine et douce, mais qui n’hésite pas à s’impliquer.

Kléano est LE rebelle de l’histoire si je puis dire. Ce personnage a tout pour plaire et est un peu cliché à mon goût. Toutefois, je pense que les lecteurs plus jeunes ne ressentiront pas cela. Kléano est un idéaliste et si au début il ne trouve que la musique pour s’échapper, bientôt il va entrevoir une brèche dans le monde des adultes. Bref, ce que vous devez retenir c’est que ce personnage est trop craquant.

N. est un jeune homme lui aussi idéaliste, mais pas à n’importe quel prix. Régulièrement la peur se sent dans ses mots. Mais cela a une explication. Je dois avouer que bien que les « mail » de N. soient attendrissants, je le trouvais trop passif, trop lisse. Et là encore Manon Fargetton nous offre un superbe tour de force en nous donnant à voir et réfléchir un personnage pas si simple que cela. Je dirais même que pour moi N. est le personnage le plus complexe aux vues de sa situation.

Bref vous l’aurez compris j’ai adoré ce roman ! Fin, simple et complexe à la fois, Manon Fargetton nous entraîne dans son univers à la découverte de personnages attachants. Bien que ce roman se classe en jeunesse voir Young Young Adult, il donne à réfléchir.

 
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