Le dernier jardin : Ephémère tome 1

 

 

4 ème de couverture et infos

Que de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort ?
Les sci
entifiques on créés des enfants génétiquement parfait, immunisés contre toutes les maladies. L‘humanité a cru voir son avenir assuré…jusqu’au jour où le verdictaccablant est tombé. Ces jeunes gens ont uneespérance de vie incroyablement courte : vingt-cinq ans pour les hommes, vingt ans pour les femmes, sans exception. Dans ce mondedésolé, de jeunes filles kidnappées etcontraintes à des mariages polygames pour la survie de l’espèce. Rhine, âgée de seize ans, aété enlevée de force à son frère. Elle se réveille enfermée dans une prison dorée, un manoir où de serviteurs veillent à ses moindres désirs. Malgré l‘amour sincère de son mari et la confiance qui s’instaure avec ses sœurs épouses, Rhine n’a quune idée en tête : s’enfuir de cet e
ndroit.

 

Auteur: Lauren Destefano

Editeur: Castelmore

Parution: 18 août 2011

 

VIDEO PROMO DU ROMAN

 

 

Chronique d’Evey

 

Parfois quand je lis un roman je sais au bout de quelques pages que je vais galérer à écrire sa chronique. Et bien « Ephémère » a rapidement prit une bonne place dans mon top 5 des chroniques « comment je vais m’en sortir? ».

« Ephémère » est un véritable coup de cœur, mais cela ne fut pas le cas dès le début. Le premier tiers du roman, j’ai eu beaucoup de mal avec l’histoire d’un point de vue déontologique. Lauren DeStefano, nous fait rentrer dans un univers complètement en décalage avec la culture occidentale. Le fait que tout soit traité de façon réelle et non fictionnelle renforce le malaise que l’on ressent en lisant le roman. Il faut s’accrocher et continuer, car sincèrement une fois le premier tiers passé et surtout une fois que vous avez accepté l’univers d’Ephémère, vous découvrirez un roman hors-norme.

J’en profite tout de suite pour mettre en garde les lecteurs les plus jeunes du site. En dessous de 15 ans, je ne conseille pas spécialement ce roman.  Le fond relève de la philosophie culturelle et ne rend donc pas le livre accessible à tous. De plus certaines scènes ou réflexions peuvent choquer les plus jeunes.

Il est terriblement dur de faire un résumé de l’histoire d’Ephémère. Ce roman aura une lecture différente pour chacun d’entre nous. Vous allez me dire, c’est normal c’est comme ça pour tous les livres… chacun le vit à sa façon, avec son vécu, etc. Oui, c’est exact, mais cela est encore plus vrai pour « Ephémère ».

L’univers que dépeint Lauren DeStefano est très intéressant. L’idée que nous ne pouvons plus vivre au delà de nos 20 ans pour les femmes et 25 ans pour les hommes remet en question la totalité de notre mode de vie. Ce concept va totalement à contre courant avec le 21 ème siècle. Actuellement nous vivons de plus en plus vieux et nous cherchons des solutions aux soucis que cela implique. J’avoue que j’adore ce pied de nez à notre société!

Dans « Ephémère », on sait à 1 an près la date de sa mort. La principale question posée dans ce roman aux personnages et aux lecteurs -que je pense tout à chacun d’entre vous c’est déjà posée – est « je vais bientôt mourir, qu’est ce que je souhaite faire plus que tout avant de m’éteindre? ».? Cette question qui pourrait être une épreuve de philo au bac est la trame de fond du roman. Que souhaite t-on par dessus tout? L’amour, la liberté, la vengeance, …

Ce roman pose aussi les questions suivantes: « peut-on se résigner à mourir? »,  » faut-il sauver la vie envers et contre tout? », « que suis-je prêt à sacrifier pour vivre ou faire vivre la personne que j’aime? »…

« Ephémère » est une réflexion philosophique sur la vie en général: vivre, mourir, s’accomplir… Sous un voile fictionnel, Lauren DeStefano propose un roman profond et fort. Un roman qui ne vous laissera pas indemne.

Le personnage principal Rhine est terriblement touchant car c’est le personnage qui se rapproche le plus du lecteur occidental que nous sommes. Rhine aussi se sent au début mal à l’aise face à la polygamie ou aux rapports sexuels de sa jeune sœur épouse de 13 ans. Et c’est normal, car ce sont des évènements qui sont, dans notre société, condamnés. J’avoue que j’aimerai un jour lire une chronique d’un lecteur africain par exemple pour voir comment lui perçoit ces thèmes et ce roman.

On s’identifie assez facilement à Rhine et on s’attache vite à elle. On a parfois envie de lui crier dessus pour qu’elle reprenne espoir ou ne se laisse pas aller à accepter la vie qu’on lui propose. Nous sommes en dehors de l’aventure et pourtant souvent on se prend à réfléchir comme une amie ou une sœur épouse. Rhine est forte et ces petits passages à vide sont légitimes. Le lecteur n’a qu’une envie l’épauler.

Les 2 autres sœurs épouses sont complètement différentes. Cela permet de développer l’univers d’Ephémère en mettant en parallèle diverses points de vue. Jenna et Cecily complètent parfaitement Rhine. Vous vous accrocherez peut-être plus à l’une qu’à l’autre, mais attention… des évènements peuvent en cacher un autre…

Linden est le mari de ces demoiselles. Rapidement, on a pitié de lui. Il est né dans une bulle, on l’a conservé dedans. Sa vision de la vie est complètement fausse. Il est intelligent mais ne souhaite pas, je crois, ouvrir vraiment les yeux. Alors parfois vous avez envie de le baffer, à d’autre moment vous avez envie de le prendre dans vos bras. Les rapports entre Lindel et le lecteur sont complexes car celui que l’on présente comme le méchant apparait rapidement comme un pion et juste un pion.

Gabriel …. Je vous laisse découvrir le jeune serviteur par vous même. Mais je pense que ce personnage vous plaira ;).

Maitre Vaughn est le personnage antipathique du roman. Et encore antipathique est trop doux pour lui. Plus vous avancez dans le roman et plus l’envie de le tuer de vos propres mains devient oppressante. Ce personnage est mauvais au plus profond de lui même, il est manipulateur et fourbe. Parfois, Lauren DeStefano essaie de nous donner des pistes pour expliquer son comportement… mais cela sera t-il un justificatif aux yeux des lecteurs…?

C’est donc un panel très complet de personnalité que nous offre Lauren DeStefano. Ce foisonnement qui souvent handicape la lecture, est au contraire dans « Ephémère » un plus inestimable. Car c’est cette pluralité qui renforce les messages du roman.

 

« Ephémère » est basé sur un rythme assez calme, on sent la vie avancer  tranquillement. Les scènes « d’action » sont placées avec parcimonie mais réussissent toujours à faire gagner en intensité le roman.

On pourrait comparer « Éphémère » a une descente de toboggan aquatique. Vous avez des zones tranquilles, puis tout d’un coup vous arrivez dans une rapide avant de retrouver une zone plus calme, puis une ou deux autres rapides d’affilées. Une fois en bas, vous n’avez rien compris à ce qui vous arrivez, vous êtes statique dans le bassin de réception, il vous faut quelques secondes pour comprendre que c’est fini. Et l’envie de recommencer pour comprendre est trop forte pour vous, vous vous redirigez déjà vers l’échelle.

La « lenteur » du roman renforce à merveille la mélancolie et l’atmosphère dramatique qui s’en dégage. Ce roman est vraiment construit dans le but d’aspirer le lecteur avec ou sans son accord d’un un monde auquel il n’aurait pas pensé.

 

« Éphémère » est donc après quelques pages d’hésitation un véritable coup de cœur. Il fait partie des romans qui dérangent et vous laisse une trace au fond de vous. N’hésitez pas si vous le voyez en librairie, ce roman doit faire parti de votre bibliothèque. Foncez!


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *