54 minutes de Marieke Nijkamp chez Hachette

20 novembre 2017

10 h 08 – KEVIN
Mec, il se passe quoi ? Réponds-moi !

10 h 09 – SYLVIA
Tyler est revenu

10 h 11 – MATT.
Claire j’ai trop peur. Il tire sur les gens. Qu’est-ce que je fais ? CLAIRE DÉCROCHE S’IL TE PLAÎT !

10 h 27 – AUTUMN
Ça ne peut pas être vrai. Ça ne peut pas être Ty. Ça ne peut pas être mon frère.

10 h 30 – TYLER
Aujourd’hui vous m’appartenez tous.
Aujourd’hui vous allez m’écouter.

Auteur: Marieke Nijkamp

Editeur: Hachette

Parution: 2 novembre 2017

 

Columbine a eu lieu alors que je n’avais que 19 ans. C’est un évènement qui m’a particulièrement choqué. Je pense que c’est le premier évènement à m’avoir vraiment ouvert les yeux sur la violence ambiante à travers le monde. J’ai regardé au moins 10 fois « Bowling for Columbine » car je voulais comprendre, parce que ce documentaire est vraiment pédagogique et sort des sentiers battus. Parce qu’il me parlait. Bref quand j’ai vu que « 54 minutes » sortait en France, il fallait que je le lise. Une fois entre mes mains, j’ai mis 2 jours à le lire. Je voulais savoir la suite, savoir ce qui allait arriver, juste savoir. Alors que la fin semblait inéluctable. Voici donc ma chronique de « 54 minutes ».

 

La directrice fait un discours aux étudiants dans l’auditorium du lycée. Tous les élèves sont réunis, sauf Tomas et Fareed qui fouille le bureau de la directrice. Alors que le discours vient de se terminer Tyler enferme ses « camarades » dans la salle et commence à tirer. Parmi les élèves enfermés, Autumn la sœur de Tyler, Sylvia la petite amie secrète d’Autumn, Matt le frère de l’ex de Tyler et de nombreux élèves et professeurs. 54 minutes d’horreur, de stress, de larmes commencent…

L’histoire est narrée à travers plusieurs personnages, ce qui est très déstabilisant au début car on a du mal à faire le lien entre tous les personnages. On est parfois perdu. Ce n’est qu’après les 70 premières pages que l’organigramme de l’histoire se met en place et là enfin on s’implique totalement dans le roman. La lecture devient fluide et addictive. Les pages tournent, tournent, tournent et donnent le tournis… L’auteur réussi à donner une intensité toute particulière à l’histoire, elle choisit les mots avec justesse. Ils frappent en plein cœur.

Le fait que l’on passe d’un personnage à l’autre à chaque chapitre rend le livre encore plus addictif. L’auteur stoppe les chapitres sur des climax insupportables. Il m’est arrivée de tourner les pages pour savoir combien de pages je devais lire avant de retrouver la narration d’un des personnages.

 

Les tueries dans les lycées est un phénomène peu connu en France. On ne les voit qu’à travers le prisme des médias. On a donc une vision segmentée et faussée. Ce qui n’est pas totalement le cas dans le reportage de Monsieur Moore.

J’ai lu beaucoup de critiques venant d’américains disant que le livre ne représente pas la réalité des tueries, qu’il est creux. Mais je ne suis pas totalement d’accord. Soit, l’auteur ne creuse pas assez la psychologie de ses personnages à mon gout. Elle aurait pu nous en dire plus sur Tyler et son parcours de vie. De même pour Tomas par exemple. J’aurais aimé en savoir plus sur le harcèlement autour de Tyler car au final on ne sait pas vraiment comment il vivait le lycée. Marieke Nijkamp reste trop en surface et c’est dommage. Toutefois, on réussi à comprendre les motivations de tous les personnages.

L’acte de Tyler peut paraitre fou et totalement démesuré, pourtant on le comprend d’une certaine manière. Enfin, je le comprends, sans pour autant excuser ses choix. Je connais le harcèlement scolaire, j’en ai été victime et je l’ai vu (quand j’enseignais). Mais à aucun moment je n’ai voulu retourner ma douleur sur les autres. Toutefois, c’est une réaction humaine et animale. Une réaction… Une réaction qui peut être d’ailleurs accentuée par la vente libre d’armes à feu… par exemple… Je dis ça, je dis rien… (et je pense pas que le petit monsieur Trump lise mon blog :p ). Bref le harcèlement est un sujet délicat et vécu différemment suivant la culture, et je comprends les chroniques américaines. C’est pourquoi j’aurai aimé que Marieke Nijkamp rentre plus en profondeur sur le sujet.

 

Autumn est une jeune fille attachante de part ses blessures. J’ai aimé la rencontrer. Elle ne m’a jamais semblé fausse. Elle est elle-même au fil des pages. Change un peu, se dévoile. Mais garde ses valeurs. Tyler est un personnage intriguant, de par son geste mais aussi de par son vécu. Je vous le dis tout de suite, on n’éprouve pas d’empathie pour lui, toutefois, il réveille en nous des échos plus ou moins « positifs ».

Sylvia et Tomas sont les personnages que j’ai le plus apprécié. Ils sont vraiment uniques.

Claire, Matt et Chris sont eux aussi très attachants. J’ai vraiment été émue par leur histoire

Je ne vous en dis pas plus sur les personnages car les découvrir est la plus belle chose du roman.

 

Quand j’ai commencé ce roman, je ne voulais pas pleurer. Je ne voulais pas être touchée comme je l’ai été. Je me sais sensible mais sur ce sujet je voulais rester neutre, scientifique, objective. Je n’ai pas réussi.  J’ai pleuré. J’ai eu mal. Oui, ce roman ne parle pas parfaitement des tueries perpétrées dans les lycées. Mais il nous touche en plein cœur et nous fait réfléchir sur la nature humaine. C’est une lecture importante pour les jeunes qui nous sont contemporains. Un roman dont on doit parler, entre nous, avec nos parents, nos camarades, nos professeurs, … « 54 minutes » à mettre en avant.

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